Menu
Cellules & mammitesBien-être

Mammites et mouches en été : une petite bête pour de gros problèmes !

par Dr Vincent CHAUMARD

Partager cet article

L’été, une infestation par les mouches est un facteur de risque important pour l’apparition de mammites et des montées de cellules. On entend parfois que « les mouches amènent des mammites ! » Mais qu’en est-il vraiment ? Pourquoi les mouches peuvent vous créer de gros problème en été ? Quelques éléments d’explication…

Les mouches sont un très bon vecteur de bactéries 

 

Les mouches transportent des bactéries sur leurs pattes. Il n’est pas rare de les voir se poser sur les mamelles des bovins. Deux raisons à cela : le cuir y est plus tendre et il peut y avoir des résidus voire des pertes de lait au niveau du sphincter. Les mouches sont attirées et peuvent déposer des bactéries directement à la porte d’entrée de la mamelle. Ce qui veut dire risque de contaminations, montées cellulaires, déclenchement de mammites. 

Stress lié aux mouches : vous êtes également concernés ! 

 

La présence de mouches est un facteur de stress pour l’animal comme pour vous, éleveurs, et notamment durant la traite. Les mouches piquent tout ce qui bouge, les queues se balancent, les pattes se lèvent, les mamelles se salissent, les griffes tombent, les vaches stressent puis bousent. Tout ceci entraine inévitablement du stress voire de l’énervement pour le trayeur. Dans ces conditions, vous pouvez faire des fautes d’inattention sur l’hygiène de traite entrainant ainsi des nouvelles contaminations des vaches. 

 

Evaluez l’impact des mouches en fonction des nouvelles infections 

 

Des éléments d’alerte sont à surveiller pour évaluer l’impact des mouches. Au-delà des comptages cellulaires individuels, le premier critère à surveiller est le taux de nouvelles infections en lactation. Celui-ci doit normalement être inférieur à 5% à chaque contrôle. A cause des mouches, il peut augmenter pendant la période estivale. Le taux de nouvelles infections au tarissement doit quant à lui être inférieur à 10%. Si on se rend compte qu’il est plus élevé en été par rapport à l’hiver, c’est là aussi une suspicion supplémentaire. Enfin, des nouvelles infections liées aux mouches seront très souvent corrélées avec l’identification de staphylocoques à coagulase négative dans les analyses bactériologiques. 

 

Passez à l’action : luttez contre les mouches et renforcez les défenses des vaches 

 

Luttez contre les mouches vous permet de limiter leur population. De très nombreuses solutions existent, depuis la lutte dans le bâtiment et autour de celui-ci (lutte biologique, piégeage, insecticides) à la lutte sur les bovins (solutions médicales ou complémentaires à base de plantes). Vous devez mettre des mesures en place dès le printemps. (lien https://www.eleveursdedemain.fr/actualites/detail-actualites/comment-gerer-les-mouches-au-printemps.html

Il faut bien sûr aussi éviter de contribuer à la prolifération des mouches. Ainsi, l’entretien des lieux de couchage reste primordial. Autant à l’intérieur que dehors ! En effet, les accumulations de fumier ou les paddocks qui deviennent des « parc à bouses » sont des lieux qui attirent les mouches et contribuent à leur prolifération. 

Renforcez les défenses de vos vaches contre les mammites, leur première défense étant le sphincter du trayon. Un sphincter bien tonique est une porte fermée aux bactéries. Par exemple, il faut veiller à ce que les vaches ne souffrent pas d’acétonémie. Celle-ci diminue la tonicité du sphincter, il s’ouvre, les pertes de lait attirent les mouches et les bactéries qu’elles déposent peuvent entrer. L’acétonémie diminue aussi l’immunité de la vache. Il faut donc veiller à ce que les vaches aient des apports alimentaires (et notamment minéraux) équilibrés et adaptés à leurs besoins. L’eau est également capitale. C’est le premier aliment ! Elle est nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme et donc aussi à l’immunité. Une bonne hydratation contribue à la bonne santé de l’animal. L’eau ne doit donc jamais être un facteur limitant. 

(cf article : " Pâturage : mes vaches ont-elles assez d'eau")

N’oubliez pas vos vaches taries : elles peuvent aussi avoir des mammites ! 

 

Lors des premiers jours de tarissement, on observe parfois des pertes de lait (avec tous les risques que nous avons évoqués précédemment). Pour éviter ce phénomène, il est important de préparer cette phase de transition, via l’alimentation dans les jours qui précèdent pour diminuer la production laitière. On peut aussi aider la vache à réduire son lait avec des coupe-lait (par exemple avec le DryNat. Enfin, l’application d’obturateurs externes ou internes (voir avec un vétérinaire pour ces derniers) contribue aussi à limiter les pertes de lait et les risques de contamination. (cf’article " Obturateurs oui… mais en respectant quelques règles d’utilisation !")

 

Les mouches sont ainsi un facteur favorisant les mammites et cellules. Et comme il y a des mouches en été… il y a un risque accru. Cependant, vous l’aurez compris, il est nécessaire d’anticiper pour lutter efficacement et limiter le nombre de mouches. Tout ne repose pas là-dessus, car les mouches peuvent aussi venir du voisinage. Il vous faut donc également avoir des animaux en bonne santé et des trayons avec des sphincters toniques ! 

 

Co-rédigé avec Lucie DUGUE - Experte Qualité du Lait 

Contacter l'auteur

Des questions ?
Nos experts vous répondent !